En cas d’urgence, savoir utiliser une couverture de survie face à un individu en état de choc peut faire la différence. Lorsqu’une personne présente des signes de fragilité (pâleur, sueurs froides, frissons, respiration rapide), les premiers gestes pour lutter contre l'état de choc consistent à sécuriser les lieux, alerter, puis maintenir la chaleur de la victime pour limiter l’hypothermie et la dégradation de son état.
La couverture isothermique n’est pas « magique » : bien employée, elle aide à conserver la chaleur du corps, protège du vent et de l’humidité, et complète les autres gestes de premiers secours.
Reconnaître rapidement l’état de choc
L’état de choc correspond à une situation où l’organisme n’arrive plus à acheminer correctement le sang vers les organes vitaux. Concrètement, la personne « décroche » : elle faiblit, se refroidit et peut perdre connaissance. Ce n’est pas une maladie : c’est une urgence qui impose d’appeler le 112 et d’agir tout de suite pour limiter l’hypothermie et préserver la circulation.
Signes d’alerte à repérer
Repérez un faisceau d’indices plutôt qu’un signe isolé ; plus il y en a, plus il faut agir vite :
- Pâleur marquée, peau froide et moite, frissons.
- Respiration rapide, souffle court, sensation d’étouffement.
- Pouls rapide, grande faiblesse, vertiges, somnolence ou agitation.
- Soif intense, nausées, malaise, parfois confusion.
Causes fréquentes à connaître
Les causes les plus courantes sont une hémorragie (visible ou interne après un trauma), des brûlures étendues, une déshydratation sévère (effort/chaleur), certains chocs allergiques graves ou infections aiguës. Quelle qu’en soit l’origine : protégez la victime, alertez le 112, puis limitez les pertes de chaleur en la couvrant et en isolant du sol.
Équipez vous d'une couverture de survie
Pourquoi la couverture de survie est essentielle en cas de choc
Fine et aluminisée, la couverture de survie réfléchit une grande part de la chaleur émise par le corps et constitue une barrière contre le vent et l’humidité. Elle ne “chauffe” pas : elle limite les pertes en emprisonnant l’air et en renvoyant le rayonnement thermique vers la victime. En cas d’état de choc, où le corps se refroidit vite, cet effet est précieux pour prévenir l’hypothermie.
Astuce terrain : glissez la couverture sous la victime (si possible sans la mobiliser) pour l’isoler du sol froid, puis rabattez les côtés pour créer un “cocon”.
Sens or/argent : la règle simple à retenir
- Froid / vent / pluie : or à l’extérieur, argent vers le corps. Vous limitez les déperditions de chaleur.
-
Chaleur / soleil : argent à l’extérieur, or vers le corps. Vous réfléchissez davantage le rayonnement solaire.
Si vous hésitez, retenez : “Or dehors quand il fait froid ; Argent dehors quand il fait trop chaud.” Le visage reste dégagé pour surveiller la respiration et parler à la victime.
En savoir plus : Sens d'utilisation d'une couverture de survie
Précautions de sécurité à connaître
- Orage / foudre : éloignez-vous des zones exposées et évitez d’utiliser la couverture (surface métallisée = risque accru).
- DAE (défibrillateur) : retirez ou écartez la couverture avant la pose des électrodes et suivez la voix du DAE.
- Feu / chaleur vive : produit inflammable : pas de flamme, cigarette, barbecue, chauffage d’appoint à proximité.
- Respiration / vomissements : ne couvrez jamais le visage ; dégagez la bouche et surveillez la ventilation.
- Hémorragie / garrot : n’écrasez pas une compression ou un garrot sous la couverture ; enveloppez autour, sans déplacer le dispositif.
Équipez vous d'une couverture de survie
Gestes pas à pas : couvrir une victime en état de choc
Commencez par sécuriser les lieux (circulation, électricité, feu, chute possible). Alertez le 112 en décrivant les signes observés (pâleur, frissons, faiblesse, respiration rapide…), la cause probable (chute, brûlure, saignement, chaleur) et votre localisation précise.
Évaluez brièvement : la personne répond-elle quand on lui parle ? Respire-t-elle normalement ? Si elle ne répond pas mais respire, placez-la en position latérale de sécurité (PLS) et surveillez sa respiration en continu.
Cas particuliers : hémorragie, brûlure, victime mouillée
- Hémorragie : faites une compression directe sur la plaie (ou utilisez un pansement compressif). Si un garrot est en place, n’appuyez pas dessus et ne le retirez pas ; enveloppez la couverture autour pour maintenir la chaleur sans déplacer le dispositif.
- Brûlure : refroidissez longuement la zone touchée à l’eau tempérée (10 à 20 minutes), retirez les bijoux si possible, puis couvrez le reste du corps pour éviter l’hypothermie. N’appliquez pas la couverture directement sur la brûlure ; interposez un tissu propre et sec ou un pansement non adhérent.
- Victime mouillée / pluie : séchez rapidement ce que vous pouvez, isolez du sol (veste, sac, couverture glissée dessous), puis enveloppez sans serrer.
Envelopper efficacement sans aggraver les blessures
L’objectif est de limiter les pertes de chaleur sans gêner la respiration ni les soins en cours. Si la situation le permet, glissez d’abord une partie de la couverture sous la victime pour l’isoler du sol, puis rabattez les pans autour d’elle en formant un “cocon” : les épaules, le thorax et les jambes sont couverts, le visage reste dégagé. Évitez les mouvements inutiles en cas de traumatisme ; si vous suspectez une atteinte de la colonne, ne mobilisez pas la victime, couvrez-la tel qu’elle est et attendez l’équipe de secours.
Surveiller et rassurer jusqu’à l’arrivée des secours
Restez près de la personne, parlez-lui calmement, vérifiez régulièrement la respiration et les signes de dégradation (pâleur accrue, sueurs, confusion, somnolence). Ne donnez pas à boire ni à manger. Si elle vomit ou si la respiration devient bruyante, mettez-la en PLS tout en conservant la couverture autour d’elle. En cas de perte de connaissance sans respiration, lancez l’alerte et préparez-vous à entreprendre une réanimation guidée par le 112 si cela vous est demandé.
Équipez vous d'une couverture de survie
Bien s’équiper : où placer la couverture dans sa trousse
Pour une voiture, une couverture par siège est un bon repère : si vous transportez des proches, vous pouvez protéger plusieurs personnes en cas d’accident ou de panne par temps froid. En randonnée ou sport outdoor, glissez au moins une couverture par personne dans la poche supérieure du sac (accès immédiat), plus une de secours dans la trousse commune. En entreprise ou en établissement recevant du public, prévoyez plusieurs unités au poste de premiers secours et dans chaque trousse mobile (ateliers, accueil, véhicules).
Stockage, vérification et remplacement
Conservez-les dans leur pochette étanche, à l’abri de la chaleur directe et des objets tranchants. Vérifiez régulièrement l’intégrité (pochette non percée, aucun signe de délamination). Après un usage réel (ou si la couverture est déchirée), remplacez-la : une micro-déchirure suffit à perdre l’effet coupe-vent et l’isolation. Pensez aussi à l’isolation du sol : un tapis mousse léger, un vêtement ou une seconde couverture glissée dessous améliorent nettement l’efficacité. Enfin, briefez votre entourage : où elle se trouve et comment l’utiliser.
Équipez vous d'une couverture de survie
La couverture de survie est un outil simple et décisif pour limiter l’hypothermie chez une personne en état de choc. Retenez les priorités : sécuriser, appeler le 112, isoler du froid (y compris du sol), envelopper sans gêner la respiration ni les soins, puis surveiller jusqu’à l’arrivée des secours. Pour être prêt, équipez vos trousses de secours (voiture, sac, entreprise) avec au moins une couverture par personne et remplacez-les dès qu’elles sont endommagées.